Il y avais un homme au regard anthracite
A l'allure galante et a l'âme torturée
Qui d'un regard furieux, un accord tacite
Envoya au bucher, trois innocents condamnés
A la porte d'un cachot, d'une jaule sans fond
Gisait cet homme juste dont on taisait le nom.
Mais accablé par la foule enivrée de colère
Il eut un procès modeste, sans doute ni lumière.
Lorsque avant d'être tué on lui a demandé
Quelle ultime volonté, on pouvait lui accorder
Il répondit d'un ton sans amertume mais odieux
"Que l'ordure, le salaud qui m'a hier condamné
Soit de mon exécution le témoin privilégié"
La lame tomba, son sang souilla la veste de l'affreux
Sulfureuse amie que je désire enfin
Sois ma muse, ma maitresse, ma putain
En quête d'absolu, d'ivresse, de concupiscence,
La postérité ne retiendra que le plaisir des sens.
Alors que la rosée enveloppe le matin d'une moiteur crue
Et caresse avec émoi et effroi ton corps nu,
Je ne cesse d'entendre le chant de tes feulements
Qui raisonne encore, enivrant, étourdissant.
Lorsque que cette suave mélopée devient silence
Je cesse d'être l'amant du crépuscule
Affirmant sans honte : "Je suis un être sans scrupule".
Je jouis de t'infliger cette douce souffrance,
Notre perversion a le charme incertain des êtres décharnés,
Passion et fièvre dont le désespoir nous offre ses voluptés.
Que mes sentiments mis a nus, semblent enfin éclairés
Les spasmes violents d'une réflexion déstructurée,
Viennent contrariés ma quête d'absolue, d'intimité.
Alors que la nuit se faisait belle et câline
Et ma réflexion, libéré de toutes entraves oniriques
De violents maux aux couleurs de la citrine
Me replongèrent dans des songes empiriques.
"Dors jeune ami, soit bercé par nos confessions,
Dors, tu seras sauvé par nos obsessions"
Semblait me susurrer une myriade de voix familières
Dérisoire me direz vous de s'attarder sur de telles coutumes
Surtout, lorsqu'elle vous berce dans une douce amertume.
Il me tarde de passer outre vos tragiques affaires.
Je t'offre mon cœur et l'immole
Pour faire de mon âme une Odyssée
Un drame mettant en scène ma vanité
En hommage a tes yeux bleus pétroles.
Dévoile moi ton corps avec les charmes de la brume
Je t'offrirais mon âme remplie d'amertume
Qui fera de notre vie placide
Un nectar au gout sucré et acide.
Je t'offre mon cœur et l'immole
En trempant ma plume dans une absinthe folle
Pour saisir l'obscénité de mes sens
Et les garder dans leur candide transe.
Partage avec moi ma funeste décadence
Je te promet des nuits de macabres danses
Mon paradis est peut être artificiel
Mais mes sentiments n'en sont pas moins cruels.
A la posthume calamité de mon âme
Trop souvent reniée car trop infâme,
A cette horreur, ce monstre vil
Je rend cet ode à ma chair, fébrile.
A la posthume calamité de mon âme,
Sans cesse refoulée, je m'en blâme,
Dont oniriquement je ne peut que percevoir
La fin d'une longue Odyssée, sans gloire,
J'ouvre le chemin d'une divine exode,
Devant laquelle, mes perceptions se dérobent.
A la posthume calamité de mon âme,
Aussi hypocrite que tous vos drames,
Je reconnais sans honte ni crainte,
Qu'elle m'a permis, sans de complexes feintes
De me prendre au jeu vos miséricordes
Pour en saisir l'essence, votre esprit, son désordre.
Confidences sans sens,
D'une tribut sans but,
Je ne peut supporter vos inepties
J'affirme désormais ma sainte hypocrisie.
